Ce Rosalien du mois d’avril va nous conduire de la passion à la résurrection. Nous allons vivre la Semaine Sainte du 9 au 16 avril prochain : contempler Jésus aller jusqu’au bout de sa vie livrée et découvrir la puissance de vie qui va se déployer de cette offrande. Va être ainsi récapitulé le chemin du Carême tel que nous l’avons conçu cette année : « Bâtir sa vie sur le roc », c’est apprendre, en faisant la volonté du Père, à donner notre vie et découvrir la fécondité insoupçonnée qui jaillit de cette offrande.

Lors de la retraite paroissiale, nous avons réfléchi comment discerner ce que Dieu attend de nous. Question fondamentale, pas facile et qui nous rejoint chacun dans nos profondeurs.

D’abord, faire la volonté de Dieu nécessite de se mettre en vérité devant lui : accepter d’ouvrir toute notre existence en Sa présence et écouter ce qu’Il nous dit de nos vies. Dieu est incompatible avec toute forme de mal et faire sa volonté, c’est d’abord refuser absolument tout ce qui détruit, ce qui cherche à blesser, ce qui veut « faire mal ». C’est le premier pas essentiel pour commencer à faire la volonté de Dieu de désirer plus que tout extirper tout mal de notre vie. Cela nous met en route pour combattre nos mauvaises habitudes, nos tendances à commettre tel ou tel acte non juste.

Ensuite, il faut choisir entre différents biens. Beaucoup de choix consistent non pas à choisir entre un bien et un mal, mais entre deux biens et voir quel est le meilleur pour nous et pour le monde. Et là, il s’agit de soupeser précisément devant Dieu pourquoi je choisirai telle ou telle option : quels sont les ressorts secrets de mon action ? Qu’est-ce que je cherche en définitive ? Cette recherche est-elle juste ? Dans quelle direction, la vie est-elle la plus grande ? Qu’est-ce qui va faire du bien à ceux qui m’entourent sans me renier moi-même ? C’est un discernement précis où l’on voit ce qui est le plus accordé à la volonté de Dieu. Cela suscite toute notre raison, et parfois il nous manque un élément pour décider et il faut aller chercher cet élément pour pouvoir « voir clair ». Cela suscite aussi toute notre volonté dans son désir de choisir le meilleur devant Dieu.

Dans un discernement, il est important de savoir le temps imparti pour décider. Quand dois-je prendre ma décision ? Si je sais que j’ai une heure, ou quinze jours ou six mois pour décider ce n’est pas pareil. Mais je sais qu’au moment où il faudra, j’aurai décidé. La décision est essentielle pour avancer avec Dieu. Dans toute décision, il y a un risque ; je ne verrai qu’après coup les fruits de ma décision. Mais si j’ai décidé devant Dieu, je ne regrette jamais mon action et Dieu va me guider de décision en décision.

Discerner est la grande joie de l’existence. C’est marcher librement dans la volonté de Dieu. Peut-être que c’est l’essentiel d’une Semaine Sainte : nous demander aujourd’hui dans les petites ou les grandes décisions, ce que Dieu attend de moi. Et être fécond dans l’adhésion à Sa volonté.

 

  P. Lionel Dumoulin